
TR3, TR3A, TR3B. Produit de 1955 à 1962, ce roadster anglais a posé les bases de tout ce que la dynastie TR de Triumph allait représenter pendant vingt-cinq ans. Choisissez parmi 12 TR3 soigneusement entretenues par leurs propriétaires, partout en France.
TR3, TR3A, TR3B. Produit de 1955 à 1962, ce roadster anglais a posé les bases de tout ce que la dynastie TR de Triumph allait représenter pendant vingt-cinq ans. Choisissez parmi 12 TR3 soigneusement entretenues par leurs propriétaires, partout en France.
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50000 €
Catégorie
Époque
Avant-guerre
jusqu'à 1939
Années 40-50
1940 - 1959
Années 60-70
1960 - 1979
Années 80
1980 - 1989
Youngtimers
1990 - 1999
Années 2000
2000 - Aujourd'hui
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Il y a des voitures qui se contentent d'occuper une époque. Il y en a d'autres, plus rares, qui ouvrent un chapitre entier de l'histoire automobile. La Triumph TR3 appartient incontestablement à cette seconde famille. Lancée en 1955 pour succéder à la TR2 pionnière, produite jusqu'en 1962 à plus de 74 000 exemplaires, exportée massivement vers les États-Unis où elle a conquis une génération entière d'amateurs, la TR3 a posé les bases de tout ce que la dynastie TR allait représenter jusqu'à la TR8 de la fin des années soixante-dix. Aujourd'hui encore, plus de soixante-cinq ans après son lancement, elle reste l'une des Triumph les plus convoitées des collectionneurs, et probablement l'un des roadsters anglais les plus émouvants à conduire pour qui veut remonter aux sources du genre.
Pour comprendre la TR3, il faut d'abord se replonger dans le contexte de l'après-guerre britannique. Au début des années cinquante, Triumph, alors filiale du groupe Standard, cherche à conquérir le marché américain des sports cars en pleine effervescence. La marque a déjà lancé en 1953 la TR2, premier roadster véritablement moderne de la marque, équipé d'un quatre cylindres 2 litres dérivé du tracteur Ferguson (oui, la même mécanique). Le succès est immédiat, particulièrement aux États-Unis.
En 1955, Triumph fait évoluer le concept en lançant la TR3. Les modifications semblent mineures au premier regard (calandre plus large, pare-chocs avant légèrement différents), mais elles s'accompagnent d'évolutions techniques significatives : moteur porté à 95 chevaux (puis 100 chevaux avec les têtes hautes performances), freins à disques à l'avant à partir de 1956 (une première sur une voiture de série en Europe, après la Citroën DS), accastillage amélioré.
En septembre 1957, la TR3A reprend la suite avec une calandre verticale plus grande sertie de l'écusson Triumph (la fameuse wide-mouth grille) qui devient l'élément identitaire le plus reconnaissable. C'est cette version qui constitue la majorité de la production totale (plus de 58 000 exemplaires sur les 74 000 TR3 toutes versions). La TR3B, dernière variante produite uniquement pour le marché américain en 1962, reçoit le moteur 2,2 litres et la boîte synchronisée de la future TR4.
Plusieurs éléments distinguent immédiatement la TR3 des roadsters contemporains. Le capot long et plongeant, équipé d'un renflement central qui héberge le carburateur, donne à la voiture une silhouette particulièrement dynamique. La calandre verticale en forme de bouche large (sur la TR3A et TR3B) reste l'élément le plus emblématique. Les phares ronds, dégagés, accentuent le caractère intemporel.
Les portes échancrées, les fameux cut-down doors, constituent l'autre signature visuelle majeure. Conçues à l'origine pour faciliter le passage du bras lors de la conduite sportive, ces portes ne permettent pas l'installation de poignées extérieures classiques. L'accès se fait en glissant la main par l'ouverture supérieure pour actionner le loquet intérieur, geste devenu mythique pour les amateurs de la marque.
L'arrière, simple et ramassé, présente une ligne de coffre quasiment droite agrémentée de petits feux ronds. Les pare-chocs chromés, fins et discrets, complètent une silhouette dont les proportions ont à peine vieilli en soixante-cinq ans.
S'installer dans une TR3, c'est s'engager dans une certaine forme de minimalisme. L'habitacle, étroit et bas, accueille deux personnes serrées l'une contre l'autre. Le siège conducteur, peu rembourré sur les premiers exemplaires, demande une certaine endurance sur longue distance mais offre un excellent maintien dans les virages. La position de conduite est basse, jambes presque allongées, volant grand et fin face au buste.
Le tableau de bord, en métal peint puis en bois sur les dernières versions, regroupe les instruments essentiels (compteur central, tachymètre, jauges) dans un dessin sobre. Les commandes mécaniques (clignotant, phares, démarreur) sont actionnées par des leviers et tirettes typiques de l'époque. Aucune assistance, aucune électronique : tout est direct, manuel, présent.
La capote, en toile noire, se déploie en quelques minutes une fois qu'on a pris le coup de main. L'étanchéité reste correcte mais sans plus, ce qui invite à rouler par beau temps. Un hardtop en métal était disponible en option et équipe encore certains exemplaires aujourd'hui, transformant alors la voiture en coupé pour l'hiver.
Le moteur qui équipe la TR3, baptisé en interne Standard Vanguard Wet Liner, est un quatre cylindres en ligne de 1 991 cm³ (puis 2 138 cm³ sur les TR3B), à culasse en aluminium, avec carter humide et chemises rapportées. Sa conception est dérivée du moteur de tracteur Ferguson conçu par Standard juste après-guerre, ce qui explique en partie sa robustesse exceptionnelle.
Dans sa version 2 litres alimentée par deux carburateurs SU, ce moteur développe 95 chevaux à 4 800 tours/minute pour un couple maximal de 158 Nm à 3 000 tours/minute. La version 100 chevaux, équipée de la culasse hautes performances (TR3A à partir de 1956), offre des performances en sensible amélioration. Sur la TR3B en 2,2 litres, la puissance monte à 100 chevaux avec un couple plus important à bas régime.
Les performances sont remarquables pour l'époque : 0 à 100 km/h en 12 secondes, vitesse de pointe autour de 170 km/h. La consommation reste raisonnable (autour de 10 à 12 litres aux 100 km en conduite tranquille). La boîte quatre vitesses (non synchronisée sur le premier rapport sur les TR3 et TR3A, entièrement synchronisée sur la TR3B) se passe avec un mécanisme métallique précis qui demande un certain doigté.
Plusieurs évolutions marquent la carrière de la TR3 et permettent de différencier les exemplaires en fonction de leur année. Les TR3 originelles (1955-1957) se reconnaissent à leur calandre plus étroite et à l'absence des freins à disques avant sur les premiers mois de production. Ces voitures restent les plus authentiques mais aussi les plus rares aujourd'hui.
Les TR3A (septembre 1957 à août 1961) constituent l'immense majorité de la production. Leur calandre wide-mouth, leur tableau de bord en bois disponible en option, leurs poignées de porte plus pratiques, leurs roues à 15 ou 16 pouces leur confèrent un agrément d'usage supérieur.
Les TR3B (1962, exclusivement marché américain) reçoivent le moteur 2,2 litres et la boîte synchronisée de la future TR4, ce qui en fait théoriquement la plus aboutie sur le plan mécanique. Mais leur silhouette de TR3 classique est conservée. Très peu d'exemplaires sont jamais arrivés en France.
Mettre la clé dans le contact d'une TR3, c'est accepter de remonter dans une autre époque. Le starter manuel doit être tiré quelques secondes avant le démarrage à froid. Le mécanisme de la boîte demande un peu d'apprentissage, particulièrement pour le passage de la première à la seconde sur les modèles à boîte non synchronisée. La direction non assistée est lourde à l'arrêt mais devient légère et précise dès qu'on roule.
Sur route ouverte, la TR3 révèle tout son caractère. Le quatre cylindres chante volontiers autour de 3 000 tours, avec une sonorité grave et profonde plutôt rare sur un quatre cylindres. La voiture tire long, accepte les longs trajets sans broncher, monte volontiers les côtes même chargée. Capote ouverte, on découvre vite que les meilleures routes sont les départementales sinueuses, où la TR3 se sent parfaitement chez elle.
La conduite demande une attention particulière. Pas d'ABS, pas d'ESP, pas d'assistances modernes. Le freinage, bien que disposant de disques à l'avant à partir de 1956, reste à doser avec doigté. Les manœuvres lentes demandent du muscle. Mais c'est précisément cette implication physique permanente qui fait l'unicité de l'expérience TR3.
La cote des TR3 a connu une trajectoire haussière régulière depuis quinze ans. Longtemps considérée comme l'une des Triumph les plus abordables, la TR3 a vu sa valeur progresser à mesure que les TR4 et TR6 atteignaient des sommets et que les collectionneurs se tournaient vers les modèles plus anciens et plus rares.
Aujourd'hui, le marché s'est stabilisé autour de fourchettes claires : 20 000 à 30 000 euros pour une TR3A correcte, 30 000 à 45 000 euros pour un exemplaire bien restauré, 45 000 à 70 000 euros pour les meilleurs exemplaires (TR3A première phase avec freins à disques d'origine, TR3 originelles 1955-1957 en parfait état). Les TR3B authentiques restent rares en Europe et atteignent des cotes équivalentes voire supérieures.
Plusieurs arguments distinguent la TR3 dans le panorama des Triumph louables. Son authenticité, d'abord. La TR3 reste la plus pure expression de la philosophie roadster anglais des années cinquante. Aucune concession au confort, aucune assistance moderne, design d'origine intemporel.
Sa rareté, ensuite. Contrairement à la TR6 produite à plus de 94 000 exemplaires, la TR3 commence à se faire rare sur le marché de la location compte tenu de sa cote en collection. La louer permet de profiter d'une expérience que peu d'amateurs vivent dans leur vie.
Son charme intemporel, enfin. La calandre wide-mouth, les portes échancrées, le capot long : la TR3 est probablement plus photogénique encore que les TR plus récentes, et constitue un choix de cortège nuptial particulièrement remarqué.
12 Triumph TR3 sont aujourd'hui présentes dans notre flotte, principalement des TR3A et TR3 originelles bien préservées. Chaque exemplaire est entretenu scrupuleusement par son propriétaire, généralement passionné de la marque Triumph et membre d'un club local. La prise en main inclut une explication détaillée des particularités de la voiture, particulièrement utile pour les conducteurs non familiers des roadsters d'avant 1960.
Les tarifs s'échelonnent entre 220 et 350 euros par jour selon l'état du véhicule, le millésime et la région. Une TR3A correcte se loue entre 220 et 280 euros par jour. Un exemplaire bien restauré ou particulièrement rare entre 280 et 350 euros. Les week-ends bénéficient toujours de tarifs dégressifs. L'assurance véhicules de collection est systématiquement incluse.
Réserver une TR3 sur Wedrivit, c'est s'offrir une expérience d'une rareté croissante, dans une voiture qui ne se laisse plus facilement approcher sur le marché de la collection. C'est aussi soutenir la communauté des propriétaires passionnés qui maintiennent ces voitures en état de marche pour les générations futures.