
230 SL, 250 SL, 280 SL. Surnommée Pagode pour la forme particulière de son hardtop, la Mercedes W113 reste pour beaucoup la plus belle SL jamais produite. Choisissez parmi 8 Pagode soigneusement entretenues par leurs propriétaires, partout en France.
230 SL, 250 SL, 280 SL. Surnommée Pagode pour la forme particulière de son hardtop, la Mercedes W113 reste pour beaucoup la plus belle SL jamais produite. Choisissez parmi 8 Pagode soigneusement entretenues par leurs propriétaires, partout en France.
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Avant-guerre
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1940 - 1959
Années 60-70
1960 - 1979
Années 80
1980 - 1989
Youngtimers
1990 - 1999
Années 2000
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Il est rare qu'un modèle automobile fasse l'unanimité auprès des amateurs, des historiens et des collectionneurs. La Mercedes Pagode (officiellement W113) constitue l'une des rares exceptions à cette règle. Produite à seulement 48 912 exemplaires entre mars 1963 et février 1971, cette voiture représente pour beaucoup l'expression la plus aboutie du roadster Mercedes, et probablement l'une des plus belles automobiles allemandes jamais conçues. Sa silhouette épurée, son confort intérieur exceptionnel, sa fiabilité légendaire et son charme intemporel en font aujourd'hui l'une des Mercedes les plus convoitées du marché de la collection mondial, avec des cotes qui ont littéralement explosé au cours des quinze dernières années.
Pour comprendre la Pagode, il faut d'abord se replonger dans le contexte stratégique de Mercedes au début des années soixante. La marque commercialise alors deux modèles de SL distincts : la 190 SL, roadster d'entrée de gamme accessible, et la 300 SL Roadster, voiture de prestige aux performances exceptionnelles. Cette gamme à deux niveaux pose un problème industriel et commercial : trop de modèles différents, peu de synergies entre eux, complexité de production.
Mercedes décide donc de concevoir une SL unique capable de remplacer les deux modèles existants, en visant un positionnement intermédiaire entre la 190 SL (élégante mais peu performante) et la 300 SL Roadster (extraordinaire mais inaccessible). La nouvelle voiture, baptisée W113, doit combiner les vertus des deux : élégance et accessibilité de la 190 SL, performances et raffinement mécanique de la 300 SL.
Le projet est confié au designer français Paul Bracq, jeune talent recruté par Mercedes en 1957. Bracq dessine une silhouette d'une grande pureté, basée sur des lignes droites tendues et des proportions parfaitement équilibrées. Le résultat, dévoilé en mars 1963 au Salon de Genève sous l'appellation 230 SL, suscite immédiatement l'enthousiasme de la presse spécialisée et du public.
Le surnom Pagode (Pagoda en anglais, Pagode en allemand et en français) ne vient pas du constructeur mais des journalistes et des amateurs qui l'ont rapidement adopté en raison de la forme particulière du hardtop d'origine. La partie supérieure du toit, en effet, présente une légère courbure concave qui évoque les toits relevés des pagodes asiatiques.
Cette caractéristique technique, conçue par Paul Bracq, présente deux avantages pratiques. D'une part, elle permet une meilleure visibilité du conducteur et du passager en abaissant légèrement la ligne supérieure du pare-brise. D'autre part, elle offre plus de hauteur sous plafond à l'intérieur que ne le permettrait un toit plat traditionnel. Mais surtout, elle confère à la voiture une signature visuelle unique, immédiatement reconnaissable parmi tous les autres modèles Mercedes.
Le hardtop, livré de série avec la voiture neuve, peut être démonté et stocké pendant l'été pour rouler en pur roadster avec la capote toile. Cette modularité, héritée des 190 SL et 300 SL Roadster, permet d'utiliser la Pagode toute l'année dans des conditions variables. Pesant environ 45 kg, le hardtop demande deux personnes pour être installé ou retiré, mais sa qualité d'ajustement reste exceptionnelle même soixante ans après sa fabrication.
Plusieurs éléments stylistiques caractérisent la Pagode et expliquent qu'elle ait si bien traversé les décennies sans paraître datée. La face avant, dotée de deux phares verticaux groupés (les fameux stacked headlights, ou phares cumulés), s'inscrit dans la grande tradition Mercedes des berlines de prestige W111 contemporaines. La calandre verticale chromée, sertie de l'étoile Mercedes, marque immédiatement la filiation avec les grandes berlines de la marque.
La silhouette latérale, particulièrement réussie, présente une ligne de caisse parfaitement horizontale, des montants de pare-brise inclinés avec discrétion, des ailes intégrées sans agressivité. À l'arrière, la poupe ramassée et carrée présente des feux verticaux distinctifs et un coffre de taille raisonnable. L'ensemble dégage une impression de cohérence absolue, sans aucun élément superflu, ce qui constitue la signature du travail de Paul Bracq.
Plusieurs configurations étaient disponibles : roadster pur (sans hardtop, avec capote toile uniquement), roadster avec hardtop (configuration la plus courante), coupé (sans capote, hardtop fixe). Cette dernière configuration, plus rare, est aujourd'hui particulièrement convoitée.
S'installer dans une Pagode, c'est immédiatement comprendre l'art Mercedes du poste de conduite confortable. Les sièges en cuir, larges et profondément capitonnés, accueillent généreusement deux occupants même de grande taille. La position de conduite, légèrement surélevée pour un roadster, offre une excellente visibilité tous azimuts.
Le volant à deux branches en bakélite (puis à trois branches sur les versions tardives), de diamètre généreux, tombe parfaitement sous les mains. Le tableau de bord, en plastique imitant le bois sur les premières années puis en véritable ronce de noyer sur les versions plus tardives, regroupe les instruments essentiels dans un dessin sobre et lisible.
Les contre-portes en cuir, le ciel de toit en suède sur les versions à hardtop installé, la moquette épaisse, tous ces détails participent à une atmosphère qui rapproche la Pagode davantage d'une grande berline de prestige que d'un roadster traditionnel. La climatisation, encore très rare sur les modèles des années soixante, équipait quelques exemplaires haut de gamme.
Trois grandes motorisations ont équipé la Pagode pendant ses huit années de production. La 230 SL (1963-1967) est équipée du six cylindres en ligne M127 de 2 308 cm³ à injection mécanique Bosch, développant 150 chevaux SAE à 5 500 tours/minute. Performances solides pour l'époque : 0 à 100 km/h en 10 secondes, vitesse de pointe autour de 195 km/h.
La 250 SL (1967-1968), produite seulement pendant un an, reçoit le six cylindres M129 de 2 496 cm³ à injection, avec une puissance identique mais un couple sensiblement amélioré. Cette version est la plus rare des trois (seulement 5 196 exemplaires produits) et constitue aujourd'hui l'une des Pagode les plus convoitées des collectionneurs.
La 280 SL (1968-1971), la plus produite des trois (23 885 exemplaires), reçoit le six cylindres M130 de 2 778 cm³ développant 170 chevaux SAE. C'est la version la plus performante (0 à 100 km/h en 9 secondes, vitesse de pointe autour de 205 km/h) et la plus polyvalente, ce qui explique son succès commercial à l'époque et sa popularité aujourd'hui.
Toutes les Pagode étaient disponibles avec une boîte manuelle à quatre vitesses (de série) ou une boîte automatique à quatre rapports (en option). La boîte manuelle, plus rare, est aujourd'hui généralement préférée des collectionneurs pour son agrément de conduite supérieur. La boîte automatique reste cependant très agréable et constitue un atout pour un usage quotidien.
Plusieurs évolutions techniques marquent la carrière de la Pagode. Outre les changements de motorisation déjà décrits, signalons l'apparition d'une banquette arrière dite occasional sur la 230 SL Pagoda US Spec en 1965 (cette banquette transversale supplémentaire permet d'accueillir deux enfants ou un adulte pour des trajets courts). Cette particularité, peu courante sur les modèles européens, fait l'objet d'une demande spécifique chez certains amateurs.
Les évolutions de finition sont nombreuses : tableau de bord en véritable bois à partir de 1968, sièges revus en confort, équipements électriques améliorés, climatisation disponible en option sur les dernières années. Sur le plan esthétique, la silhouette générale reste inchangée pendant les huit années de production, ce qui contribue à la cohérence visuelle du modèle.
S'installer au volant d'une Pagode en 2026, c'est immédiatement comprendre pourquoi cette voiture a tant marqué l'imaginaire automobile depuis soixante ans. Le moteur six cylindres démarre instantanément, sans hésitation, avec une sonorité grave et douce caractéristique des Mercedes de cette époque. Le ralenti est parfaitement stable. L'embrayage demande peu d'effort. La boîte de vitesses se passe avec un mécanisme précis et fluide.
Sur route, la Pagode révèle toute sa supériorité par rapport aux roadsters contemporains. La direction assistée (rare sur un roadster des années soixante) reste précise sans être surasservie. La suspension à essieu arrière à bras tirés et ressorts hélicoïdaux offre un confort exceptionnel sur route dégradée. Le freinage à disques aux quatre roues, particulièrement performant pour l'époque, garantit une sécurité satisfaisante.
Sur autoroute, la Pagode peut maintenir une croisière à 130-140 km/h pendant des heures sans aucun problème. Le moteur tourne alors autour de 4 000 tours, dans une zone sonore agréable. La consommation reste raisonnable pour une voiture de cette catégorie (autour de 12 à 14 litres aux 100 km en croisière). L'autonomie atteint facilement 500 km avec le réservoir de 65 litres.
La cote des Pagode a connu une trajectoire haussière spectaculaire au cours des quinze dernières années. Dans les années deux mille, une Pagode 280 SL en bon état se vendait autour de 30 000 euros. Aujourd'hui, le même exemplaire dépasse facilement 120 000 euros.
Le marché actuel s'établit autour des fourchettes suivantes : 80 000 à 120 000 euros pour une 280 SL correcte, 120 000 à 180 000 euros pour un exemplaire bien restauré, 180 000 à 280 000 euros pour les meilleurs exemplaires (Pagoda originale d'usine, faible kilométrage, restaurations de très haut niveau). Les 230 SL et 250 SL atteignent des cotes équivalentes voire supérieures pour les versions rares.
Cette valorisation exceptionnelle explique pourquoi les Pagode se louent à des tarifs particulièrement élevés. Conduire une voiture qui vaut 150 000 euros à l'achat n'est jamais bon marché, même en location, et reflète la réalité du marché de l'assurance et de l'usure.
Plusieurs arguments distinguent la Pagode dans le panorama des Mercedes louables. Sa rareté, d'abord. Avec seulement 48 912 exemplaires produits au total et une cote en collection particulièrement élevée, la Pagode reste un objet rare à approcher dans la vie quotidienne. La louer constitue une expérience que peu d'amateurs vivent dans leur vie.
Son prestige absolu, ensuite. Aucune autre voiture allemande des années soixante ne combine à ce point élégance intemporelle, confort raffiné et raffinement mécanique. Pour un mariage haut de gamme, pour un événement prestigieux, pour un cadeau d'exception, la Pagode reste imbattable.
Son agrément de conduite, enfin. Le six cylindres en ligne Mercedes, la boîte parfaitement étagée, le confort des sièges, la sonorité harmonieuse : tout converge vers une expérience de grand tourisme dont aucune voiture moderne ne sait reproduire la magie.
8 Mercedes Pagode sont aujourd'hui présentes dans notre flotte, couvrant principalement les 280 SL mais aussi quelques 230 SL et 250 SL plus rares. Chaque exemplaire est entretenu avec un soin particulier par son propriétaire, généralement un collectionneur averti qui prend le temps de partager sa passion lors de la prise en main.
Les tarifs s'échelonnent entre 350 et 600 euros par jour selon l'état du véhicule, la version et la région. Une 280 SL correcte se loue entre 350 et 450 euros par jour. Un exemplaire bien restauré entre 450 et 550 euros. Les 230 SL et 250 SL particulièrement rares peuvent atteindre 600 euros par jour. Les week-ends bénéficient toujours de tarifs dégressifs significatifs. L'assurance véhicules de collection est systématiquement incluse, avec une franchise variable selon la valeur du véhicule.
Réserver une Pagode sur Wedrivit, c'est s'offrir l'expérience d'une icône absolue de l'automobile mondiale, dans une voiture dont la cote en collection rend l'acquisition désormais inaccessible à la majorité des amateurs. C'est aussi soutenir la communauté restreinte des propriétaires passionnés qui maintiennent vivante cette légende mécanique.