RM Sotheby’s Paris 2026 : Quand le Carrousel du Louvre devient l’arène du grand chelem Ferrari
Rendez-vous le 28 janvier – Oubliez les galeries d’art. Le vrai spectacle, c’est au sous-sol du Louvre que ça se passe. Les Salles du Carrousel vont accueillir mercredi prochain la 13e édition de la vente RM Sotheby’s Paris, et le catalogue qui vient de tomber fait l’effet d’une bombe dans le milieu : 97 lots.
Le Triangle d’Or s’embrase
Organisée en marge du salon Rétromobile, cette vente se tient dans les Salles du Carrousel, à quelques pas de la Place Vendôme. Le cadre ? Celui qui a vu passer certaines des plus belles voitures du monde depuis plus d’une décennie. L’an dernier, une Ferrari 250 LM victorieuse au Mans changeait de mains ici. En 2024, une 250 GT châssis court partait aux alentours de 10 millions.
Cette année ? On monte d’un cran. Plusieurs crans, même.
La 250 GT qui a inventé son propre nom

Commençons par le lot vedette absolu : la Ferrari 250 GT Berlinetta Tour de France de 1956, châssis 0557GT, pilotée par le Marquis Alfonso de Portago. Pas n’importe quelle Tour de France. LA Tour de France. Celle qui a donné son surnom à toute la lignée des 250 GT « TdF ».
En septembre 1956, de Portago et son copilote Ed Nelson remportent le Tour de France Automobile avec cette voiture. La victoire est si retentissante que Ferrari décide de baptiser toute la série « Tour de France » en hommage à ce triomphe. C’est le seul châssis à avoir littéralement renommé son propre modèle.
Neuvième des 14 exemplaires de première série, c’est l’un des neuf exemplaires avec carrosserie Scaglietti sans persiennes. La voiture a été certifiée par Ferrari Classiche en janvier 2026 avec tous ses numéros concordants : moteur, boîte, pont arrière, carrosserie. Tout d’origine.
Estimation : plus de 13 millions d’euros. Certains observateurs murmurent qu’elle pourrait exploser ce plafond. Le record du modèle ? 13,2 millions de dollars en 2015 chez RM Sotheby’s Monterey. C’était déjà cette voiture.
La California Spider qui fait saliver

Juste derrière dans le catalogue : une Ferrari 250 GT California Spider SWB de 1960, châssis 1915GT, troisième exemplaire des 56 châssis courts produits. Et pas n’importe lequel : c’est l’un des 39 configurés d’origine avec phares escamotables.
Livrée neuve à Paris en octobre 1960, cette voiture affiche un pedigree impeccable. Quatre propriétaires en 65 ans, dont un collectionneur qui l’a gardée 30 ans. Ferrari Classiche certifiée en 2008 avec son « Red Book », recertification fin 2025. Documentation complète : rapports de Marcel Massini et Cyrille Jaquinot, factures de restauration, carte FIVA.
Bonus non négligeable : elle est livrée avec un moteur alternatif de 3,8 litres préparé par le spécialiste Piet Roelofs en 2019, et ses jantes Borrani à rayons d’origine. Histoire de pouvoir rouler sans toucher au bloc d’origine.
Estimation : 12 à 14 millions d’euros. À ce prix, on est sur les California Spider les plus chères de l’histoire.
Une Bugatti Bolide quasi neuve cherche nouveau propriétaire

Changement radical d’époque avec une Bugatti Bolide 2024, l’une des 40 unités produites, affichant seulement 112 km au compteur. Pour ceux qui l’ignorent, la Bolide, c’est la version « no limit » du W16 de Bugatti.
Le W16 8 litres quadri-turbo développe ici 1 600 chevaux, permettant un 0-100 km/h en 2,2 secondes et une vitesse de pointe de 380 km/h. Avec un poids à sec de 1 450 kg, le rapport poids/puissance atteint 0,91 kg/ch. Traduction : c’est un prototype d’endurance LMh/LMDh légal pour les trackdays.
Cette exemplaire arbore une finition Turquoise Carbon avec accents Black Carbon, des motifs du drapeau français sur les déflecteurs derrière les roues avant, et un intérieur en Alcantara Beluga Black. Livrée avec deux flight cases Bugatti, manuel technique, housse, trousse à outils avec gants, chargeur de batterie et un jeu de jantes de rechange.
Estimation : 4 à 6 millions d’euros. Pour une voiture de piste qu’on ne peut pas vraiment exploiter sans faire appel à Bugatti pour chaque sortie circuit. Mais bon, c’est une Bolide.
La F310B de Schumacher qui a couru en Belgique

Les amateurs de F1 vont adorer : la Ferrari F310B de 1997, la monoplace de la Scuderia cette année-là, utilisée par Michael Schumacher lors du Grand Prix de Belgique et par Eddie Irvine en Italie et en Autriche.
Majoritairement utilisée comme mulet d’essais, cette F310B a tout de même connu la piste en course avec le septuple champion du monde au volant. C’était l’année où Schumacher se battait contre Villeneuve pour le titre (et où il a percuté le Williams à Jerez, mais c’est une autre histoire).
Estimation : 5,5 à 7,5 millions d’euros. Les F1 de Schumi, même les mulets, ça ne se trouve pas sous le sabot d’un cheval cabré.
Le « Big 5 » Ferrari au complet (presque)
Le catalogue réunit les supercars mythiques de Maranello :
288 GTO (1985) : 18e exemplaire produit, certifiée Ferrari Classiche, 24 244 km au compteur. Estimation : 4,5 à 5 millions €.
F50 (1997) : Options rares, seulement 1 680 km au compteur. Estimation : 5,5 à 6,5 millions €.
Enzo (2004) : Première main, 286 km seulement. Estimation : 3,8 à 4,2 millions €.
Plus deux voitures de course qui feraient pleurer n’importe quel amateur d’endurance :
Dino 206 S (1967) : Dernière des 18 Dino 206S construites, carrosserie Spyder dessinée par Drogo. A couru en Championnat du Monde puis en courses de côte. Estimation : 3,8 à 4,2 millions €.
550 GTC (2003) : A couru avec JMB Racing sur 4 courses du championnat FIA GT en 2003. Prête à rouler en historique. Estimation : 2,2 à 2,6 millions €.
488 GTE (2017) : Victorieuse en catégorie au Championnat du Monde d’Endurance FIA 2017, a couru sous le numéro 51 de la Scuderia Ferrari. Estimation : 2,8 à 4 millions €.
Les outsiders qui valent le détour
Parce que tout le monde n’est pas ferrariiste :
Lamborghini Murciélago R-GT GT1 : Championne d’Asian Le Mans Series 2009, et surtout… convertie pour un usage routier en 2022. Oui, vous avez bien lu. Une GT1 homologuée route. L’histoire ne dit pas comment ils ont géré le contrôle technique.
Mercedes-Benz 300 SL Coupé (1954) : L’un des premiers exemplaires, livrée à New York, revenue en Europe, restaurée. Fait partie d’une collection de 6 Mercedes au catalogue. Estimation : 1,25 à 1,75 million €.
Shelby Cobra 289 (1964) : Configuration à ressorts à lames, livrée neuve en Californie, a couru en autocross. Récemment remise dans sa teinte d’usine. Estimation : 750 000 à 900 000 €.
Porsche Kremer 962 (1988) : A couru au Mans (9e place), en IMSA avec les Andretti père et fils, puis convertie pour usage routier en 2021. Une 962 immatriculée. Le monde à l’envers. Estimation : pas communiquée mais sûrement salée.
De Tomaso Pantera Groupe 4 (1972) : L’une des 14 construites, a couru à la Targa Florio 1973. Deuxième du Tour Auto 2025. Passeport technique à jour. Estimation : 300 000 à 350 000 €.
Infos pratiques : comment assister au spectacle
Quand ? Mercredi 28 janvier 2026, à partir de 15h
Où ? Salles du Carrousel, 99 rue de Rivoli, 75001 Paris
Exposition ? Mardi 27 janvier de 10h à 19h, et mercredi 28 de 10h à midi
Important : L’accès à la vente est réservé aux enchérisseurs enregistrés, détenteurs de catalogue et consignataires. L’exposition du mardi est ouverte au public. L’achat d’un catalogue donne accès pour deux personnes à l’exposition privée et à la vente.
Pour enchérir, il faut s’enregistrer à l’avance et fournir une preuve de fonds. Chaque enchérisseur peut être accompagné d’un invité.
Le contexte : la Car Week parisienne
Cette vente RM Sotheby’s s’inscrit dans la semaine la plus intense du calendrier des enchères automobiles européennes. Artcurial Motorcars, Gooding Christie’s, Bonhams… toutes les grandes maisons sont à Paris fin janvier, en marge de Rétromobile.
L’avantage ? Vous pouvez comparer les catalogues, assister à plusieurs ventes, et surtout : profiter de la concentration inédite de voitures d’exception réunies à Paris. L’inconvénient ? Votre compte en banque risque de sérieusement souffrir si vous êtes inscrit comme enchérisseur partout.
Notre avis
RM Sotheby’s a sorti l’artillerie lourde pour cette édition 2026. Entre la 250 GT Tour de France de Portago, la California Spider châssis court, la F310B de Schumacher et cette Bugatti Bolide quasi neuve, on est clairement sur l’une des ventes les plus relevées de l’année.
La question sera de voir si les enchérisseurs suivront les estimations stratosphériques. Après les records de la collection Bachman à Kissimmee il y a quelques jours, le marché Ferrari est en pleine euphorie. Mais le contexte économique global reste incertain. Les grandes fortunes seront-elles au rendez-vous ?
Une chose est sûre : si vous êtes à Paris fin janvier, faites un tour au Carrousel. Même sans enchérir, voir ces machines de légende réunies dans les salons du Louvre, c’est une expérience qui ne se refuse pas.
Parce qu’une 250 GT Tour de France qui a gagné LA course dont elle porte le nom, pilotée par l’un des playboys les plus légendaires de l’histoire automobile… ça ne passe pas tous les jours aux enchères.
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Article basé sur le catalogue officiel RM Sotheby’s Paris 2026

