17,8 millions pour une Ferrari Enzo : La vente Bachman vient de réécrire l’histoire

17,8 millions pour une Ferrari Enzo : La vente Bachman vient de réécrire l’histoire

20 janvier 2026 Non Par Gaspard Boillod

‎‎‎Flash depuis Kis‎simmee – Accrochez-vous bien. Ce qui vient de se passer vendredi dernier chez Mecum Auctions va vous fai‎re tourner la tête. La collection Phil Bachman a littéralement explosé tous les records connus du marché Ferrari. Et quand on dit « tous », on pèse nos mots.

Le jaune qui valait de l’or

Imaginez. Une Ferrari Enzo jaune – oui, JAUNE – avec seulement 1 043 km au compteur. Intérieur rouge et jaune façon Daytona racing. Le genre de config’ qui fait grimacer les puristes et saliver les collectionneurs excentriques. Prix de départ estimé ? Quelques millions. Prix final ? 17,875 millions de dollars. Trois fois le précédent record du modèle. Vous avez bien lu.

Mais ce n’était que le début de la folie.

Quand l’enchérisseur perd le contrôle (de son chéquier)

La F50 rouge ? 12,21 millions. Record mondial pulvérisé. La LaFerrari Aperta ? 11 millions. La 288 GTO ? 8,5 millions. Une F40 standard ? 6,6 millions – nouveau record aussi. À ce stade, on ne compte même plus les records qui tombent comme des dominos.

Pour vous donner une idée de l’ambiance : presque tous les véhicules de la collection ont dépassé leurs estimations hautes. Certains du simple au triple. La salle était électrique. Les commissaires-priseurs n’en revenaient pas. Les observateurs non plus.

Mais qui était Phil Bachman ?

Revenons en 1984. Phil Bachman est un entrepreneur américain dans la distribution auto. Il découvre une Ferrari 308 GTS Quattrovalvole lors d’un salon à Washington D.C. Le coup de foudre. Quelques jours plus tard, il en commande une neuve. En jaune. Parce que tout le monde fait du rouge, et que Phil n’est pas « tout le monde ».

C’est le début d’une obsession de 40 ans. Une collection de 48 véhicules – principalement des Ferrari – dont la moitié arborent ce fameux Giallo Modena. Sa philosophie ? Acheter le dernier exemplaire de série, le garder quasi neuf, et surtout : oser la couleur.

Des voitures qui n’ont jamais vraiment roulé

Parlons chiffres de kilométrage, parce que c’est là que ça devient surréaliste :

  • Ferrari Enzo : 1 043 km
  • F50 : 405 km
  • LaFerrari Aperta : 154 km
  • 288 GTO : 2 007 km
  • FXX : 157 km

Ces voitures sont pratiquement neuves. Certaines n’ont même jamais connu la pluie. D’autres ont passé leur vie dans un hangar climatisé, sous housses, bichonnées comme des œuvres d’art. Ce qui, techniquement, est exactement ce qu’elles sont devenues.

Le « Big 5 » au complet (et en jaune, évidemment)

Pour les connaisseurs : Bachman possédait le graal absolu. Les cinq supercars Ferrari mythiques réunies dans une seule collection :

  1. 288 GTO (1985) → 8,525 millions $
  2. F40 (1992) → 6,6 millions $
  3. F50 (1995) → 12,21 millions $
  4. Enzo (2003) → 17,875 millions $
  5. LaFerrari (2015) → 6,71 millions $

Plus la LaFerrari Aperta à 11 millions. Soit plus de 63 millions de dollars rien que pour ces six voitures. Respirez un coup.

Les pièces historiques qui ont fait moins de bruit (mais restent folles)

Au-delà des supercars modernes, la collection comptait des antiquités de course :

  • Une Ferrari 166 MM/53 Vignale Spyder de 1953, sixième et dernière du genre
  • Une 275 GTB/4 à carrosserie alu de 1967
  • Plusieurs Daytona 365 GTB/4 impeccables
  • Une 250 GT/L Berlinetta Lusso qui ferait pleurer n’importe quel collectionneur

Sans oublier la seule FXX jamais peinte en Giallo Modena d’origine. Parce que même sur une voiture de piste homologuée course uniquement, Bachman voulait son jaune.

Pourquoi ces prix complètement fous ?

Plusieurs théories circulent dans le milieu :

La perfection absolue : Ces voitures sont dans un état neuf, avec des kilométrages dérisoires et une provenance documentée à la perfection. C’est le Saint Graal du collectionneur.

L’aspect caritatif : Phil Bachman est décédé en août 2025. L’intégralité des bénéfices est reversée à la fondation Bachman. Dans la culture du mécénat américain, ça délie les cordons de la bourse.

L’effet « moment historique » : Quand une collection de cette ampleur arrive sur le marché, ça n’arrive qu’une fois par décennie. Les acheteurs le savent. La FOMO (Fear Of Missing Out) fait grimper les enchères.

L’euphorie collective : En salle, quand les premiers lots dépassent de 50% leurs estimations, ça crée un effet d’entraînement. Les barrières psychologiques sautent. Les limites de budget… aussi.

Le débat : chef-d’œuvre ou hérésie ?

Parce que soyons honnêtes deux secondes : une Ferrari Enzo jaune avec un intérieur bicolore façon NASCAR, est-ce vraiment le summum du bon goût italien ? Les puristes sont divisés.

D’un côté, ceux qui applaudissent l’audace. Ferrari a toujours encouragé la personnalisation. Ces configs uniques font partie de l’histoire de la marque.

De l’autre, ceux qui grincent des dents. Une Enzo, c’est rouge ou noir. Point. Le reste ? De la customisation américaine qui tue l’âme du Cheval Cabré.

Mais à 17,8 millions, on peut dire que quelqu’un a vraiment aimé ce jaune.

Et maintenant ?

La grande question qui taraude la communauté : ces Ferrari vont-elles enfin rouler ? Ou vont-elles simplement changer de hangar climatisé, passant d’une collection privée à une autre ?

Certains nouveaux propriétaires sont connus pour être des passionnés actifs. D’autres… moins. Le collectionneur David Lee, qui a également acheté une 250 GTO à 38,5 millions lors de la même vente, est réputé pour faire rouler ses autos. Un bon signe ?

Phil Bachman, lui, les conduisait peu mais les chérissait intensément. Sa philosophie était claire : préserver ces machines pour les générations futures. Mission accomplie. À voir maintenant si ces Ferrari mythiques connaîtront une seconde vie sur l’asphalte.

Le mot de la fin

En une journée, la collection Bachman a redistribué les cartes du marché Ferrari. Les estimations de demain devront intégrer ces nouveaux plafonds. Les vendeurs vont rêver. Les acheteurs… un peu moins.

Une chose est sûre : le 17 janvier 2026 restera gravé dans l’histoire des enchères automobiles. Et quelque part en Floride, 46 Ferrari et 2 Alfa Romeo ont trouvé de nouveaux gardiens.

Reste à espérer qu’ils ne se contentent pas de les regarder.

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Article basé sur les résultats officiels Mecum Auctions Kissimmee 2026