Johnny Hallyday : Le garage du Taulier qui valait des millions

Johnny Hallyday : Le garage du Taulier qui valait des millions

11 février 2026 Non Par Gaspard Boillod

Une passion aussi forte que sa voix – Johnny Hallyday n’était pas juste une légende de la scène. C’était aussi un dingue de belles mécaniques. Environ 20 voitures mythiques au fil de sa vie, des Harley à n’en plus finir, et une manière bien à lui de collectionner : à la sensation, pas à la raison. Petit tour dans le garage d’un homme qui n’a jamais vraiment levé le pied.

La Triumph TR3 : quand tout commence (mal)

Johnny a 18 ans et son manager Johnny Stark lui offre une Triumph TR3. Petit détail : il n’a pas encore son permis. Ça ne l’empêche pas de prendre le volant. Cabriolet blanc éclatant avec intérieur rouge, moteur 4 cylindres de 2 litres, 95 chevaux, 900 kg. Un jouet qui passe de 0 à 100 km/h en 10 secondes.

    Résultat ? Accident quelques jours après l’obtention du permis. La voiture finit contre un poteau. Johnny s’en sort, la TR3 beaucoup moins. Dans un livre paru en 2007, il déclarait que l’auto « a mal fini, comme la plupart de mes voitures ». Le ton est donné : Johnny et la prudence, ça va être compliqué.

    Les Ferrari : l’amour italien

    Johnny et Ferrari, c’est une longue histoire d’amour faite de rugissements de V12 et de kilométrages avalés à toute vitesse.

    Ferrari 250 GT Pininfarina (1963)

    En 1963, Johnny s’offre une Ferrari 250 GT Pininfarina, propulsée par un moteur V12 de 325 chevaux, pouvant atteindre 240 km/h. Seulement 232 exemplaires produits. Alain Delon en avait une. Roger Vadim aussi. Johnny rejoint le club des happy few qui peuvent s’offrir ce genre de joujou.

    Un cabriolet d’exception, des lignes Pininfarina à couper le souffle, et ce hurlement caractéristique du V12 Ferrari qui fait chavirer les cœurs. Johnny tombe amoureux. Ce ne sera pas la dernière fois.

    Ferrari 275 GTB (années 80)

    Plus tard, dans les années 80, Johnny ajoute une Ferrari 275 GTB à sa collection. Plus discrète que ses américaines tape-à-l’œil, cette GT sublime représente son côté esthète, raffiné. La preuve qu’il ne collectionne pas que pour frimer, mais aussi parce qu’il sait reconnaître la beauté pure d’une ligne italienne.

    Ferrari 512 TR (1994) : la star des ventes aux enchères

    En 1994, Johnny devient propriétaire d’une Ferrari 512 TR rouge avec intérieur en cuir beige. Évolution de la mythique Testarossa, cette bête développe 428 chevaux avec son V12 à plat de 4,9 litres. 313 km/h en pointe. Le genre de voiture qu’on voit sur les posters de chambre d’ado.

    L’anecdote est savoureuse : un ami vient le voir un matin avec une Ferrari Testarossa. Plutôt jaloux, Johnny est allé s’acheter la même voiture… l’après-midi ! Voilà comment le Taulier faisait ses emplettes.

    Il la garde trois ans, roule 25 000 km avec, avant de la revendre à un ami avocat en 1997. Ses bagues ont eu le temps d’écorcher la casquette du compteur au fil des manœuvres et virages, comme le précise poétiquement le catalogue de vente.

    Le destin post-Johnny de cette 512 TR est fascinant : vendue aux enchères en 2018 pour 240 000 euros alors qu’elle vaut normalement 120 000 à 130 000 euros. La magie Johnny : même ses voitures prennent de la valeur après lui. En 2020, rebelote : elle repart aux enchères et atteint 270 000 euros. Record absolu pour une 512 TR.

    Ferrari 360 Modena (2005)

    C’est en 2005 que Johnny investit dans sa dernière Ferrari : la 360 Modena. Avec un moteur V8 et 400 chevaux sous le capot, cette sublime voiture peut aller de 0 à 100 km/h en 4,8 secondes.

    Johnny et la vitesse, c’est une grande histoire d’amour. Toujours.

    L’ISO Grifo A3L (1965) : le bijou italien méconnu

    En 1965, Johnny se laisse séduire par l’ISO Grifo A3L, conçue par Giotto Bizzarrini et dessinée par Giorgetto Giugiaro. Avec une vitesse de pointe de 300 km/h, elle figurait parmi les voitures les plus rapides de son époque.

    Un modèle rarissime de l’industrie italienne. Une voiture tellement exclusive qu’elle n’a même pas trouvé preneur lors d’une vente aux enchères Sotheby’s en 2018, malgré une estimation entre 2,5 et 3 millions d’euros. Le prix de réserve n’a pas été atteint. Preuve que certaines voitures de Johnny sont devenues des pièces de musée invendables tant elles sont mythiques.

    Lamborghini : la rivale de Maranello

    Lamborghini Miura (1967)

    Johnny n’était pas que ferrariiste. En 1967, il succombe aux charmes de la mythique Lamborghini Miura. Moteur V12 de 3,9 L, 350 ch, 1 125 kg. Conçue pour rouler jusqu’à 280 km/h, l’italienne finira dans un arbre après une sortie de route à près de 180 km/h.

    Johnny s’en sort avec quelques égratignures. La Miura blanche, beaucoup moins. Il l’avait personnalisée avec des « cils » sur les phares et des projecteurs supplémentaires. Style.

    Lamborghini Aventador SV Roadster (2017)

    Cinquante ans après sa première Lamborghini, Johnny s’offre en 2017 une Aventador SV Roadster, un véritable monstre mécanique. Ce modèle ultra-performant est équipé d’un moteur V12 développant 750 chevaux, lui permettant de passer de 0 à 100 km/h en seulement 3 secondes et d’atteindre une vitesse de 350 km/h.

    À 74 ans, Johnny n’avait visiblement pas levé le pied. 750 chevaux, design agressif, technologie de pointe. Le dernier joujou d’un homme qui refusait de vieillir.

    Les allemandes : Mercedes et Porsche

    Porsche 356 (années 60)

    La Porsche 356, dessinée par Ferdinand Porsche sur la base de la Coccinelle. Cette voiture va permettre à Johnny de retrouver Sylvie Vartan lors des permissions de sortie le week-end, pendant son service militaire. Une voiture qui a facilité des retrouvailles romantiques. James Dean en avait une. Johnny aussi. Coïncidence ?

    Porsche 911 Turbo préparée Alméras (fin années 70)

    À la fin des années 70, Johnny s’achète une Porsche 3L Turbo. Avec son moteur 6 cylindres à plat développant 260 chevaux, cette voiture pouvait atteindre 100 km/h en seulement 5,5 secondes. Johnny confie la préparation de sa Porsche aux frères Alméras, spécialistes reconnus pour leur savoir-faire.

    Soucieux d’optimiser les performances, le Taulier ne fait pas les choses à moitié. Quand tu as une Porsche, tu la fais préparer chez les meilleurs. Logique Johnny.

    Mercedes 450 SEL 6.9 (1978)

    En 1978, Johnny enrichit sa collection avec une Mercedes 450 SEL 6.9, l’une des meilleures berlines de luxe de son époque. Équipée d’un V8 de 7 litres et de suspensions oléopneumatiques, cette voiture combinait puissance et confort, pouvant rouler jusqu’à 230 km/h.

    Anecdote savoureuse : Claude François possédait exactement le même modèle. Les deux stars avaient les mêmes goûts automobiles.

    Autre anecdote encore plus révélatrice : Johnny a cassé les plaquettes de frein de cette Rolls Royce en freinant comme un bourrin à plusieurs reprises alors que les Rolls Royce ne supportent pas les freinages brusques. Il a acquis cette habitude avec les Ferrari qui ont des freins de compétition !

    Johnny qui casse une Rolls parce qu’il freine comme sur une Ferrari de course. Du pur Hallyday.

    Mercedes GT AMG (2017)

    Après plus de 20 ans sans voiture allemande, Johnny craque en 2017 pour une Mercedes GT AMG. Préparée par AMG, cette supercar pouvait atteindre 318 km/h.

    Dernière acquisition allemande du Taulier. Un monstre de puissance pour clôturer en beauté sa collection de véhicules germaniques.

    Les américaines : le mythe de la route

    Ford Mustang Fastback (1965)

    Impossible de parler de Johnny sans évoquer la Mustang. Il l’achète très tôt, en 1965, dans sa version Fastback GT, après un voyage aux États-Unis. Il en fait l’un des symboles de son style de vie : américain, puissant, libre.

    La Mustang devient l’un de ses modèles fétiches. Il en collectionnera plusieurs au fil du temps. V8 qui gronde, capot long comme un jour sans concert. C’est l’Amérique de Johnny : bruyante, virile, assumée.

    AC Cobra 427 (2016)

    En 2016, Johnny fait l’acquisition d’une Cobra 427 ERA. Propulsée par un moteur V8 développant 416 chevaux, cette muscle car de légende est un véritable rêve pour les collectionneurs.

    En septembre 2016, Johnny a eu « la voiture de ses rêves », une AC Cobra. C’est sa femme Laeticia qui en a fait l’annonce via Instagram. Ce n’était pas la première Cobra de sa vie – il en avait déjà eu une en 1968 – mais celle-ci avait une saveur particulière. Au lendemain de l’annonce de sa maladie, il a été vu à son volant. La dernière image d’un homme libre jusqu’au bout.

    Cadillac Eldorado 1953 customisée Boyd Coddington

    Johnny tombe sur une Cadillac cabriolet noire des années 50 sur Sunset Boulevard à Los Angeles. Identique à celle d’Elvis Presley. Évidemment, il la veut. Problème : la voiture est dans un état vétuste. Johnny l’envoie dans le garage de Boyd Coddington, expert en restauration automobile, qui la transforme en une véritable machine moderne.

    En 2017, lors de Rétromobile, Johnny a mis en vente aux enchères au profit d’une association cette Cadillac Série 62 Cabriolet Custom de 1953, personnalisée par Boyd Coddington. La voiture était notamment visible sur les photos de la pochette de l’album « L’attente » en 2012. Un passionné s’est offert la voiture et une Harley pour 550 000 € !

    Voilà comment Johnny faisait : il trouvait une épave, la transformait en chef-d’œuvre, et finissait par la vendre pour la bonne cause.

    Les délires : Gillet Vertigo et Panther De Ville

    Gillet Vertigo (1995)

    Voici une des voitures les plus extravagantes de Johnny : la Gillet Vertigo. Cette automobile hors du commun est fabriquée en Belgique et motorisée par un Ford Cosworth 2 litres turbo. La Gillet Vertigo est un véritable dragster qui va de 0 à 100 km/h en 3 secondes !

    C’est lors de son show à Bercy que Philippe Steff (ancien pilote Formule 1) va lui livrer cette voiture avec cette audacieuse peinture flaming.

    Un 4 cylindres turbo de 420 chevaux dans une caisse qui pèse rien. 0-100 en 3 secondes, 300 km/h en pointe. Un dragster de rue belge peint en flammes. Du délire pur.

    Panther De Ville (1975) : perdue au poker

    En 1975, Sylvie Vartan offre à Johnny une Panther De Ville. Produite à 70 exemplaires, la carrosserie de style néo-rétro est inspirée de celle des Bugatti Royale des années 1930, sur châssis-moteur V12 double-six 5,3 litres de 265 ch de Jaguar XJ.

    Le capot est signé « Johnny Hallyday », les quatre enjoliveurs portent les initiales « JH » en lettres d’or, et le bouchon de radiateur est orné d’un disque d’or gravé au nom de Johnny Hallyday. L’intérieur est personnalisé avec cuir, sièges en vison, mini-bar, et télévision à l’arrière.

    Une limousine sportive sur-mesure, unique au monde. Le cadeau parfait d’une star à son mari rockeur.

    Mais voilà : perdue au poker deux ans après qu’elle lui fut offerte, ce modèle unique a appartenu depuis 1985 à un collectionneur français privé (acquise par échange contre une Ferrari 512 BB).

    Johnny perd sa Panther au poker. Le gagnant, pas très branché néo-rétro, l’échange contre une Ferrari 512BB. Le nouveau propriétaire, fan absolu de Johnny, la garde précieusement. En mars 2025, cette Panther De Ville a été mise aux enchères, estimée entre 55 000 et 65 000 euros.

    Les Rolls-Royce : quand le rockeur joue au gentleman

    Rolls-Royce Silver Shadow (1972)

    Lors de l’année 1972, le Taulier succombe aux charmes de la Rolls-Royce Silver Shadow. Ce modèle révolutionne la marque avec des freins à disques, un châssis monocoque et un gabarit fortement réduit par rapport à ses prédécesseurs avec une longueur de 5,17 mètres.

    Johnny et une Rolls, c’est presque contradictoire. Mais le rockeur avait aussi son côté gentleman quand il le fallait.

    Rolls-Royce Drophead (dernière acquisition)

    La dernière Rolls Royce de Johnny : la Rolls-Royce Drophead ! Cette voiture bicolore possède un moteur V12 de 6,75 L. Avec ses 460 chevaux, cette automobile de 2,6 tonnes peut aller jusqu’à 240 km/h.

    Même dans le luxe britannique, Johnny voulait de la puissance. 460 chevaux dans une Rolls. Logique.

    Les accidents : quand Johnny défie la mort

    La collection de Johnny, c’est aussi une longue série d’accidents et de voitures détruites.

    En 1963, il a un accident avec une Ferrari en Italie. En 1967, près de Tarbes, il termine dans un talus avec sa Lamborghini 400 GT. En 1970, il dérape sur le verglas avec une DS 21 sur le territoire de Belfort. Sylvie Vartan était à bord et a été grièvement blessée.

    Johnny avait un rapport à la vitesse qui frisait l’inconscience. Mais il s’en est toujours sorti. Ou presque. Les voitures, beaucoup moins.

    Le Dakar 2002 : Johnny sur les pistes

    En 2002, Johnny se lance dans l’aventure du Dakar. Au volant d’un Nissan X-Trail, avec comme copilote René Metge (trois fois vainqueur de l’épreuve), il s’était juré qu’il arrêterait de fumer s’il arrivait au bout. À Dakar, il a déchiré sous l’œil des caméras son paquet de cigarettes.

    Johnny a tenu parole. Pour une fois qu’une voiture ne finissait pas dans un fossé, c’était ses cigarettes qui prenaient cher.

    Après sa mort : les ventes et la dispersion

    Depuis le décès de Johnny en décembre 2017, plusieurs de ses voitures ont été mises aux enchères. La succession compliquée et les réalités économiques ont poussé Laeticia Hallyday à vendre une partie du patrimoine automobile.

    Les prix s’envolent systématiquement. Une 512 TR qui vaut normalement 120 000 euros ? Adjugée 240 000, puis 270 000 euros lors d’une seconde vente. La magie Johnny opère même après sa mort. Les acheteurs ne payent pas juste une voiture, ils achètent un morceau de légende.

    Notre avis : Johnny, collectionneur ou rockeur ?

    Johnny n’était pas un collectionneur au sens classique du terme. Il ne bichonnait pas ses voitures dans des hangars climatisés en attendant qu’elles prennent de la valeur. Il les conduisait. Fort. Vite. Souvent trop.

    Ses voitures racontent son histoire autrement : une histoire faite de vitesse, de chrome, de bruit et de routes brûlées. Chaque modèle qu’il a possédé participe à cette image. Celle d’un homme qui roulait vite, vivait fort, et n’a jamais vraiment freiné.

    Johnny ne choisissait pas ses voitures comme un collectionneur, mais comme un rockeur : au feeling.

    Ferrari, Lamborghini, Porsche, Mustang, Cobra, Rolls, Cadillac… Une vingtaine de voitures mythiques au fil d’une vie. Des dizaines d’accidents. Des milliers de kilomètres avalés. Et toujours cette même soif de sensations fortes.

    Aujourd’hui, ses voitures sont dispersées entre collectionneurs privés, musées, et nouveaux propriétaires qui les ont acquises aux enchères. Certaines roulent encore. D’autres sont figées derrière des vitrines. Mais toutes portent en elles un morceau de la légende Hallyday.

    Parce qu’au fond, Johnny n’a jamais collectionné des voitures. Il a collectionné des sensations.


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    Article basé sur les archives et ventes aux enchères des voitures de Johnny Hallyday